Fin août. Soleil brûlant sur la Via dei Fori Imperiali. La voiture contourne le Colisée.

Trouver un appart en vitesse juste à côté de l’Université. Visiter pour la première fois la Basilica San Paolo, manger à la Menza de Roma Tre et découvrir les soirées Erasmus au Loft, puis à Piramide. Rentrer tard, s’assoir sur le trottoir et attendre le bus de nuit à Piazza Venezia. Une nuit, chercher en vain un bus devant le Colisée éclairé. Se dire qu’on ne se lassera jamais de ces lumières, de ces pierres, de ces odeurs. Tenter de garder cette sensation de frais, de l’aube qui arrive.

Novembre, la chanson de Giusi Ferreri est diffusée en boucle dans les supermarchés. C’est l’époque des longues promenades dans le Trastevere, des cappucini Piazza Navona. Les italiens s’emmitouflent dans des doudounes tandis que nous, la gens du nord, nous portons toujours des vestes légères. Derrière la fenêtre, derrière l’ordinateur où Skype et Facebook fonctionnent en boucle, la ville est plus fraiche et joue avec la pluie.

C’est bientôt Noël, on joue La Traviata dans une église de la Via Nazionale. Des chorales s’organisent. Sur la Place Saint Pierre, le sapin n’est pas encore installé. Près du Panthéon, une découverte, un bijou : la Basilica di santa Maria di sopra Minerva. Elle ne fait pas grande impression, vue de l’extérieur, mais dès que l’on franchit la porte, c’est un ciel étoilé qui s’offre à nous.

Février, l’avion décolle pour Venise et son Carnaval. Les magnifiques costumes défilent devant la lagune. Les Erasmus se colorient le visage et passent dans les musées en se faisant passer pour des étudiants en Histoire de l’Art.

Il fait plus froid, noir plus tôt. Ce sont les expositions Via Nazionale, la visite de la Basilique Saint Marie Majeure, l’éblouissement devant les Caravage, le cinéma en bas de la rue et puis un anniversaire Piazza Trilussa. On découvre les aperitivo chez Friends et dans tout le Trastevere. Pour sept euros, un cocktail et des plats à volonté.

Pasqua. C’est le printemps. Sous le ciel bleu, le château Saint Ange paraît majestueux à côté du Tibre. La Place du Panthéon prend des couleurs pastel. Les touristes dégustent les glaces. Les Erasmus attendent l’aube pour déguster une crêpe au Nutella.

Les plages d’Ostie nous appellent déjà. On trempe les premiers orteils dans la Méditerranée. Les vestes sont rangées depuis longtemps. Nous vous perdons dans le parc de la Villa Borghèse, en vélo ou à pied. On passe devant le cinéma, le musée étrusque.

Les examens approchent, en trois fois, quand on est près, quand on a étudié. La nuit, le jour, on est complètement décalé. Mais ce ne sont pas les examens que l’on craint. C’est ce qui arrivera après. Après les derniers verres au Circolo degli artisti, après les derniers bottelon devant Saint Jean De Latran. On prolongera, on restera pour voir un film en plein air sur la place Vittorio Emanuelle.

Et puis bien sûr, il y aura le drame pour tout Erasmus, il faudra dire à bientôt à tous ces nouveaux amis des quatre coins de l’Europe, revendre le canapé, ôter les photos du mur, faire ses valises, rendre les clés. Il faudra rentrer.

Partagez et épinglez cet article sur Pinterest :

Parlez-en autour de vous !