Parmi les joyaux à découvrir au Maroc, je vous recommande les jardins de Majorelle, situés en liserée de la Palmeraie, à Marrakech. Ces jardins trouvent leur origine dans une passion pour la lumière et les couleurs. C’est un endroit apaisant et lumineux à ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes en voyage à Marrakech.

En bordure de la ville rouge, on se plait à se promener dans ces allées ombragées, ces plantes exotiques et ces chemins d’eau. C’est une explosion de couleurs bleues, jaunes et vertes mêlée au doux bruit des fontaines, des grenouilles et des tortues. Ce bleu célèbre découvert dans l’Atlas, qui mélange le cobalt à l’outre-mer. Cette nature luxuriante, … Comment ne pas se laisser ensorceler par cette harmonie et cette quiétude ?

 

Qui était Jacques Majorelle ?

Ayant toujours vécu dans un environnement artistique, Jacques Majorelle se tourna très tôt vers la peinture. L’art déco de la fin du XIXème siècle fait que les inspirations végétales poursuivront Jacques dans toute sa création. Les voyages dans le sud lui donnent le goût pour la lumière et son pouvoir sur la toile le fascinera.

Jacques Majorelle fait halte à Marrakech en 1917 et se laisse envouter par les charmes de cette ville-oasis. Il s’y installe avec sa femme. Il peint les villages, les souks, les casbahs, les couleurs ocres.

Et Majorelle créa son jardin

En 1923, Jacques Majorelle achète un terrain en liserée de la palmeraie de Marrakech. Il y voit des peupliers, ce qui lui indique qu’il y a de l’eau. Il appellera cette propriété « Bou Saf Saf ». Il y construit une maison et ses ateliers dans le style berbère. Il se passionne pour l’art décoratif, les meubles, la maroquinerie. Il peint des toiles qui ventent la destination. La maison prend des allures de villa art-déco dans les années 1930 avec l’architecte Paul Sinoir.

Plus de 300 espèces

Passionné de botanique, Jacques va se créer un magnifique jardin tout autour de sa villa. Pendant 40 ans, il y plante des essences rares comme les bougainvilliers, les bananiers et les bambous géants. C’est « une cathédrale de formes et de couleurs », « un jardin impressionniste ». Des quatre coins du monde, ses amis lui envoient des espèces exotiques : cactées, palmiers, bambous, cocotiers, thuyas, saules, caroubiers, jasmins, agaves, nymphéas, daturas, cyprès, bougainvilliers, fougères arborescentes…

« …des vastes splendeurs dont j’orchestre l’harmonie […]. Ce jardin est une tâche terrible, à laquelle je me donne tout entier. Il me prendra mes dernières années et je tomberai épuisé, sous ses branches après lui avoir donné tout mon amour. »

Jacques Majorelle parlant de son jardin en 1931

Après un divorce et quelques ventes, le jardin s’étend désormais sur un demi-hectare. Les visiteurs de ce jardin botanique sont accueillis par le chant du bulbul. Une promenade permet d’observer les plantes et les arbres exotiques, les fontaines et les nombreuses espèces d’oiseaux : merles noirs, moineaux domestiques, rouges-gorges, mésanges charbonnières, fauvettes, bergeronnettes grises, tourterelles… Comme dans tout Marrakech, on peut aussi observer la cigogne blanche, la bergeronnette grise, la tourterelle des bois, le faucon crécerelle, le gobemouche gris.

Un bleu mondialement célèbre

Les murs de l’atelier et de la villa sont peints d’une couleur qui deviendra célèbre le « bleu Majorelle ». La villa devint dans les années 1930 une véritable œuvre d’art. L’intensité du bleu fait ressortir la couleur jaune des pots et le vert des plantes. Sa force est contrebalancée par les bruits des oiseaux et des points d’eau. Le tout est harmonieux et apaisant.

1980 : l'arrivée du couturier Yves Saint Laurent et Pierre Berger

A la disparition de Jacques Majorelle, le grand couturier Yves Saint Laurent et Pierre Berger sont en visite à Marrakech. Ils se fascinent pour ce jardin qu’ils vont acheter et sauver d’un grand projet de construction hôtelière.

« Très vite nous devînmes familiers de ce jardin, il n’était guère de jours sans que nous nous y rendions. Il était ouvert au public mais il n’y avait presque personne. Nous fûmes séduits par cette oasis où les couleurs de Matisse se mêlent à celles de la nature. » … « Aussi, quand nous avons appris que ce jardin allait être vendu et remplacé par un hôtel, nous fîmes l’impossible pour arrêter ce projet. C’est ainsi qu’un jour nous devînmes propriétaires du jardin et de la villa. Au cours des années, nous avons redonné vie au jardin. »

Yves Saint Laurent, Une passion marocaine, de Pierre Bergé
Éditions de la Martinière, 2010

Ils rénovent la villa et améliorent les systèmes d’irrigation pour permettre au jardin de passer de 135 espèces botaniques à 300 aujourd’hui. Désormais, ce sont une vingtaine de jardiniers qui travaillent chaque jour pour entretenir ces lieux.

L’atelier fut remplacé par un Musée berbère, qui abrite aujourd’hui les collections d’Yves Saint Laurent Pierre Bergé. Yves Saint Laurent disait : « Depuis de nombreuses années, je trouve dans le jardin Majorelle une source inépuisable d’inspiration et j’ai souvent rêvé à ses couleurs qui sont uniques ». Une petite galerie abrite les cartes de vœux que le couturier réalisait chaque année sur le thème de l’amour.

En 2008, les cendres du grand couturier ont été dispersées dans la roseraie. Aujourd’hui, la villa appartient à la Fondation YSL Pierre Bergé. En 2010, une rue Yves Saint Laurent voit le jour à Marrakech. Le jardin est visité chaque année par plus 600.000 visiteurs.

INFOS PRATIQUES

Ouvert tous les jours de l’année

1er octobre au 30 avril : 8h à 17h30

1er mai au 30 septembre : 8h à 18h

Mois de Ramadan : 9h à 17h

Il vaut mieux arriver tôt pour éviter la foule.

Le site

Tarif : Jardin : 70 Dhs      Musée : 30 Dhs

Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans, les journalistes et les guides.

Le jardin et le musée sont accessibles aux handicapés.

 

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